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Ce soir, je vais accoucher et je n’ai rien de prêt pour le bébé. Je suis seule et sans revenus, sans personne pour prendre soin de mes enfants et de moi. Mon fils n’a que 10 ans et travail pour apporter 
de la nourriture. Nous nous sentons comme des mendiants ici, en Jordanie.



Photographie: Abbie Trayler-Smith

Muna
Mafraq, Jordanie
Mafraq, Jordanie

Chez moi à la ferme, mes voisins avaient l’habitude de venir s’asseoir avec moi sous le jasmin pour se protéger du soleil de l’après-midi et nous mangions des abricots et des pommes qui poussaient sur nos propres arbres fruitiers. Maintenant, j’ai de la chance si, dans le mois, j’ai une orange à découper et à partager entre les enfants.

Rien ne vaut l’odeur familière de son chez soi. Mais je ne regrette pas d’être partie. En Syrie, j’avais peur et ici j’ai faim. Je peux supporter la faim, mais pas la peur.

Nous avions tellement peur d’être violées que nous dormions avec deux paires de pantalon enfilés l’un sur l’autre. Ma meilleure amie, qui est très belle, a été enlevée par l’armée syrienne. Depuis, je ne sais pas ce qu’il est advenu d’elle. Mais on pouvait le deviner à la façon dont les soldats nous regardaient.

Quand nous sommes partis, j’ai vite arraché les photos que j’avais collées autour de mon miroir et je les ai fourrées dans mon sac à main. C’est tout ce que nous avons emporté avec nous. Pour traverser la frontière, nous avons marché pendant 10 heures sans eau ni nourriture, mais nous avions tellement peur que la seule chose qui nous importait, c’était de trouver un endroit sûr.

Muna
Mafraq, Jordanie
Mafraq, Jordanie
Muna
Muna
Mafraq, Jordanie
Mafraq, Jordanie
Muna
Muna