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Il est impossible de mesurer l’importance d’avoir son propre chez-soi. Je ne m’en suis rendu compte que quand je suis devenu réfugié, car jusque-là, je n’avais jamais été sans domicile.

Photographie: Adam Patterson.

Le dimanche 5 août 1995 fut le jour douloureux où nous avons réalisé que nous devions partir. Nous savions que nous n’avions pas le choix après ce qui c’était passé en 1941, à l’éclatement de la Seconde Guerre mondiale quand la plupart des habitants de ce village avaient été tués. Qui n’aurait pas peur?

Nous sommes partis tous ensemble. La musique est dans mon cœur alors bien sûr, j’ai emporté mon tamburica avec moi. C’était pour moi un soulagement de pouvoir jouer des chansons traditionnelles du pays pendant notre séjour en Serbie.

Les gens en Serbie étaient différents. Je suis allé à quelques reprises rendre visite à nos voisins et j’ai fini par y emmener ma femme. Elle se tenait là, à regarder nerveusement autour d’elle et le voisin a demandé, pourquoi ta femme ne s’assoie-t-elle donc pas? J’ai dit qu’elle cherchait quelque chose à voler. Mais ils n’ont pas donné l’impression de comprendre la plaisanterie. Ils ne nous ont plus jamais invités.

Être partis six ans de chez soi, cela
faisait longtemps. Quand nous sommes rentrés, notre maison avait été dépouillée de tous ses fils électriques ainsi que des carrelages dans la salle de bains et des garnitures en bois de la cuisine. C’était un triste spectacle à voir. Mais j’étais aussi très heureux d’être rentré chez moi.

Milos
Prkos, Croatie
Prkos, Croatie
Milos
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Prkos, Croatie
Prkos, Croatie
Milos
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Prkos, Croatie
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Milos