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Mathieu
Nyanza-Lac, Burundi
Les plantes autour de la maison sont là pour empêcher que des intrus n’entrent dans l’enceinte rapidement et pour me donner le temps de crier à l’aide. Nous sommes six à vivre dans cette maison, dont deux jeunes enfants: ma première femme est morte et ce sont les enfants que j’ai eu avec ma seconde épouse. Nous ne nous sentons pas en sécurité ici.

Il y deux ans environ, j’ai été attaqué.
Je revenais des toilettes de dehors la nuit, quand ils se sont mis à me frapper avec une machette, ici dans l’enceinte. C’est à cause de la question des terres qu’ils m’ont attaqué. J’ai passé un an à l’hôpital.

J’ai essayé de présenter mon cas à la Commission nationale des biens fonciers, mais cela fait maintenant deux ans que j’attends que quelqu’un vienne résoudre ce problème et depuis je n’ai toujours vu personne.

Je suis né ici précisément, il y a 80 ans, mais j’ai passé 37 ans de ma vie en Tanzanie. Quand je suis rentré, j’ai trouvé que mon pays avait changé et que mes voisins s’étaient installés sur ma terre. Nous continuons toujours à vivre ensemble. Ma terre faisait 1000 mètres sur 1000, et maintenant il ne me reste plus que cette petite enceinte, qui fait peut-être 50 mètres sur 50.


Photographie: Chris de Bode.

Nyanza-Lac, Burundi
Mathieu
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Nyanza-Lac, Burundi
Nyanza-Lac, Burundi
Mathieu
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Nyanza-Lac, Burundi
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